Formé aux Beaux-Arts de Tanger, Reda Boudina (RDS) développe une œuvre à la croisée du graffiti traditionnel et de la recherche architecturale. Son travail s’articule autour de la notion de modernité, dont il réinterprète les formes et les volumes structurels sur grand format. Entre maîtrise du wild style et expérimentations en 3D, il déconstruit le lettrage pour créer un langage visuel unique, où la rigueur de l’architecture rencontre l’énergie brute du geste urbain.

Inspiré par la culture numérique et le graphisme contemporain, Mizmiz décompose les formes pour créer des compositions vibrantes. Son style joue sur les contrastes chromatiques et les textures visuelles, mixant des influences issues du design graphique et du street art pur. Il propose une vision moderne et dynamique de l’art mural marocain, résolument tournée vers l’abstraction urbaine.

Ritanosko apporte une sensibilité délicate et colorée à la scène marocaine. Son travail explore souvent la figure féminine et les éléments naturels, utilisant des couleurs pastel et des lignes fluides pour créer des ambiances sereines. Ses interventions sont des parenthèses de douceur dans l’agitation urbaine, célébrant la résilience et la poésie du quotidien avec une grande élégance visuelle.

Roshdi est une figure montante de l’art urbain au Maroc. Son travail se caractérise par une exploration de la lumière et de la matière à travers des compositions oniriques. Entre figuration libre et expérimentation graphique, il développe un univers où l’humain occupe une place centrale, porté par une maîtrise technique qui sublime le support mural et dialogue avec son environnement immédiat.

Artiste voyageur, Guillem Font utilise le mur comme un carnet de notes géant. Son trait organique, entre illustration naturaliste et carnet de voyage, s’adapte aux particularités des surfaces qu’il rencontre. Il privilégie souvent le noir et blanc pour souligner la force du détail et l’expressivité de ses sujets, créant des œuvres d’une grande finesse graphique qui invitent à la contemplation.

Keya Tama est un artiste pluridisciplinaire dont le travail évoque les miniatures anciennes et les tapisseries narratives. Son style épuré, caractérisé par des silhouettes iconiques et une palette restreinte, traite de thèmes universels tels que la connexion humaine et la résilience. Ses œuvres agissent comme des fables visuelles modernes, empreintes d’une poésie intemporelle et apaisante.

Nassim Azarzar mène une recherche visuelle à la frontière du graphisme, de l’illustration et de l’anthropologie. À travers son projet « Bonne Route », il explore l’esthétique des camions de transport marocains et la culture visuelle populaire. Son travail à Jidar est une continuation de cette quête : une réappropriation moderne des signes et des symboles qui ponctuent le paysage marocain pour en faire un langage artistique contemporain.

Azpeger se distingue par une approche architecturale et déconstruite du graffiti. Son style repose sur une manipulation complexe de la lettre et de la forme, évoluant vers une abstraction dynamique où la structure semble s’auto-générer. Ses interventions sont des jeux de profondeur et de relief qui bousculent la planéité du mur, invitant le spectateur à une lecture multidimensionnelle de l’espace urbain.

D’origine péruvienne et chilienne, Jumu Monster insuffle aux murs une énergie chamanique et folklorique. Ses œuvres sont habitées par des créatures hybrides et des masques rituels, symboles d’un héritage précolombien vibrant. À travers des couleurs terreuses et des motifs organiques, elle crée des ponts entre les mythes ancestraux d’Amérique latine et le béton des métropoles modernes.

Le collectif portugais Ruído, porté par les artistes Draw et Alma, explore l’équilibre entre le dessin académique et le graffiti brut. Leur collaboration crée une harmonie visuelle où la précision du portrait rencontre l’énergie du geste spontané. Leurs fresques, souvent monochromes ou aux tons terreux, sondent la mémoire, l’histoire et l’identité des lieux qu’ils investissent, créant un dialogue profond avec l’architecture.